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lundi 2 novembre 2015

Intégralité de l'interview du Président Macky Sall : «Ce que veut dire, pour moi, un Sénégal émergent (...) Même en Afrique, le Sénégal ne peut pas être vingt-cinquième, a fortiori dans le monde.»

Le Président Macky Sall est revenu à Dakar samedi soir, après un périple qui l’aura mené à Paris puis à New Dehli où il a participé au sommet Inde-Afrique. Après une escale à Jeddah, le Chef de l’Etat a accordé un entretien exclusif aux envoyés spéciaux de Libération, de L’Observateur et de l’Agence de presse sénégalaise (Aps). Une occasion pour le Chef de l’Etat de revenir sur les grandes questions économiques de l’heure...

Tournée en France et en Inde
«J’étais à Paris dans le cadre de la deuxième édition du Forum économique franco- phone. Je vous rappelle que la première édition avait lieu à Dakar aux lendemains du sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Car, pour nous, la Francophonie, ce n’est pas seulement la langue commune, un moyen de partage des valeurs universelles de la démocratie, de la liberté, de la diversité culturelle...Nous pensons que la Francophonie est un espace assez importante sur le plan économique puisqu’elle regroupe 20% des échanges mondiaux.
C’est donc un marché important qu’il faut organiser et c’est la raison pour laquelle Dakar a abrité le premier Forum. Paris devrait donc reprendre le relai. D’où cette rencontre qui a eu lieu en ma présence mais aussi à celle des Présidents gabonais et malgaches, du Secrétaire général de la Francophonie et bien sûr en présence des membres du secteur privé de nos pays respectifs. Nous avons beaucoup échangé sur les moyens à mettre en œuvre pour que cette Francophonie économique soit une réalité. Il fallait donc parler d’abord de la question de la mobilité pour que les hommes d’affaires, les étudiants bref les gens qui ont des choses à échanger puissent circuler librement dans tout l’espace francophone. Nous avons eu des engagements profonds du gouvernement français à travers son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Ils portent sur des mesures nouvelles pour l’allègement de l’octroi des visas. Je pense que nous sommes bien partis pour donner une vocation nouvelle à la Francophonie.»
«En marge de ce Forum, nous avons rencontré plusieurs entrepreneurs présents au Sénégal ou intéressés d’y investir. Il s’agit notamment de Vincent Bolloré, du Directeur général par intérim du groupe Eiffage qui est déjà très présent chez nous. Vincent Bolloré va venir très rapidement au Sénégal pour y développer un grand projet de construction de salles de spectacle.»
«A Dehli, nous avons participé au troisième sommet Inde-Afrique. La deuxième édition de ce rendez-vous très important s’était tenue en 2011 à Addis Abéba. Nous avons noté, lors de cette troisième édition, une présence appréciable de Chefs d’Etat. Ce qui montre l’importance que nous accordons à cette coopération Sud-Sud. L’Inde est un pays qui a eu un parcours similaire au nôtre. Malgré ses 1,2 milliard d’habitants, ce pays exporte aujourd’hui une partie de sa production. L’Inde, c’est aussi une industrie extrêmement puissante avec de grands groupes connus mondialement, de grandes entreprises productrices d’énergie etc.»
«Le gouvernement indien, à travers son Premier ministre (Narendra Modi), s’est engagé à mettre en place une ligne de crédit de 10 milliards de dollars sur les cinq prochaines années. Et ce, en plus des lignes de crédit qui sont déjà en cours d’exécution. Elle va aussi mettre une ligne de 600 millions de dollars destinée à des secteurs comme la Santé. Avec cette ligne de 10 mil- liards, les pays concernés pourront mettre en place des projets qui pourront aider au développement du continent.»
«L’avantage avec l’Inde, c’est que notre partenariat n’est pas contraignant, un partenariat sans préjugé. D’ailleurs, j’ai été reçu par le Premier ministre indien et nous avons vraiment de très belles perspectives.»

Mécanisation de l’Agriculture
«L’Agriculture, comme vous le savez, est le fer de lance même du Plan Sénégal émergent (Pse). Le premier acte du Pse est la transformation structurelle de notre économie qui passe d’abord par plus de production. Et nous avons déjà eu dans le cadre du Plan d’autosuffisance en riz un financement indien de 60 millions de dollars qui est en cours d’exécution. J’ai d’ailleurs demandé au Premier ministre indien, lors de notre audience, d’activer la deuxième phase et même la troisième. Concernant l’Agriculture, nous avons à peu près 150 millions de dollars de l’Inde en plus de ce que l’Etat lui-même va mettre pour la mécanisation de l’Agriculture et l’évolution des semences, entre autres.»
«Le ministre de l’Agriculture l’a déjà rappelé. Par rapport à l’Inde, nous avons des rendements supérieurs en riz dans la vallée. Maintenant, il nous faut disposer d’unités de transformation, de matériels etc. pour avoir un produit extrêmement compétitif d’autant que notre riz ne coûte pas cher. Là où nous sommes, il coûte 460 Fcfa le kilo par exemple, l’Inde est à 1000 Fcfa. Il y a vrai- ment une perspective très importante pour notre secteur rizicole. Mais nous n’allons pas seulement nous arrêter sur la riziculture.»
«Nous allons aussi développer l’horticulture. L’année dernière, nous étions à 86.000 tonnes et cette année, nous tendons vers les 100.000. L’Agriculture sénégalaise est aujourd’hui en train de faire sa révolution tranquillement. Pour l’arachide, nous avons atteint nos objectifs fixés dans le Pse en une année. Et j’ai félicité le ministre de l’Agriculture et tous les producteurs car, cette année 2014-2015, nous avons exporté 150.000 tonnes d’arachide en Chine. Et nous allons augmenter nos objectifs puisque nous les avons déjà atteints. Nous allons mettre les moyens qu’il faut pour accroître cette performance agricole.»

Coopération avec l’Inde dans le secteur de l’Energie
«Vous aurez constaté que ce matin, avant de quitter New Dehli, j’ai pu rencontrer, grâce à la facilitation de la Banque mondiale, toutes les entreprises indiennes qui interviennent dans le domaine solaire. Sur ce plan, l’Inde a réalisé des choses tout à fait exceptionnelles puisqu’elle est passée de 5 mégawatts il y’a cinq ans à 5000 méga- watts, soit une augmentation de 5 giga-watts en cinq ans.»
«Je suis vraiment sorti, de cette rencontre avec les producteurs indiens, reconverti et adepte à 100% des énergies renouvelables. Ces entreprises vont nous permettre d’atteindre des niveaux de performance historiques et de créer une révolution énergétique. Et mon ambition d’amener l’électricité dans tout le milieu rural sera même atteint plutôt que prévu grâce à la rapidité des installations solaires puisqu’il sera possible d’avoir des mini centrales qui seront connectées aux réseaux déjà existants. J’ai beaucoup d’espoir.»

«Haro sur les intermédiaires »
«C’est une expression pour blaguer en fait. J’ai voulu parler de tous ceux-là qui, au lieu de travailler sérieusement, font de l’intermédiation pour soutirer de l’argent. Souvent, je reçois des reproches de certains partenaires qui me disent que cela fait plusieurs mois que leur dossier n’avance pas. Parfois, c’est à cause de ces intermédiaires mais il arrive aussi que cela soit dû à des lenteurs indues.»
«J’ai dit à nos partenaires de ne pas prêter attention à ces types d’arguments. Vous savez, un investisseur privé n’a pas besoin de rencontrer le Chef de l’Etat pour faire avancer son dossier dans un pays qui se veut un modèle de développement. La portée d’entrée, c’est l’Apix. Vous pouvez investir dans le pays, produire, sans jamais rencontrer le Président de la République ou un ministre. Il faut qu’on arrive à cela.»
«Pour en revenir à tous ses coupeurs de route, j’ai tenu à leur envoyer un message très clair. Nous connaissons parfaitement leur identité. Nous savons exactement qui sont ces personnes qui s’adonnent à ce jeu.»

Lutte contre la corruption
«Il faut reconnaître que dans grands efforts ont été faits pour instaurer la transparence au Sénégal et lutter contre la corruption. On ne peut pas dire que tout a été fait parce que c’est un processus continu. Il faut donc maintenir le cap et maintenir la pression. C’est à dire faire en sorte que les performances du Sénégal qui ont été saluées par différentes institutions, ne soient pas vaines. L’ensemble des agents de notation, en particulier l’Indice Mo Ibrahim qui est la référence mais aussi le Doing Business qui a confirmé notre statut de pays réformateur. C’est une très bonne chose mais nous n’allons pas nous en arrêter là. Nous allons tout faire pour raccourcir encore les délais concernant les autorisations de construire. Il faut qu’on aille plus de l’avant. On ne peut se contenter seulement des résultats que nous avons.»
«Nous allons également poursuivre la lutte contre la corruption. Nous avons déjà adopté plusieurs lois dans ce sens notamment la loi sur la transparence budgétaire, la loi sur la déclaration de patrimoine, la création de l’Ofnac...Tout cela contribue à donner un contenu concret à notre code de conduite nationale. 
Ce qui renforce la bonne gouvernance au Sénégal dans un état de droit où les citoyens sont égaux devant la loi, libres mais dans le respect des autres individus et des institutions. Car liberté ne veut pas dire anarchie. Il faut que l’on soit très clair sur ce plan. Personne ne peut faire ou dire ce qu’il veut.
On ne peut pas bafouer les règlements et lois du pays au nom de sa liberté. Il y a des choses qu’on fait chez nous, on ne peut pas imaginer faire la moitié aux Etats Unis ou en France. Il y’a chez nous des gens qui pas- sent tout le temps à vouloir ternir l’image des institutions. Quelque soit le jeu de l’adversité politique, il y’a des limites qu’on ne peut pas franchir.»

Suneor
«Nous avons essayé depuis plusieurs années de trouver une solution. Nous sommes arrivés à la conclusion, d’accord parties, qu’il fallait se séparer à l’amiable. Il ne s’agit pas là de diaboliser le repreneur, qui est un privé. Nous avons tous fait le constat à savoir que ça ne marchait pas. L’arachide a tellement d’importance dans notre pays que l’Etat ne pouvait pas rester les bras croisés. Chaque année, nous mettons des milliards pour que les campagnes arachidières soient couronnées de succès.»
«Nous avons donc décidé, compte tenu des difficultés, de nous séparer à l’amiable pour que la Suneor reprenne ses activités. Evidemment, l’Etat verra avec Abass Jaber dans quelles conditions nous allons tout régler et cela se faire dans un esprit ouvert, calme et convivial. Nous n’allons pas nous  précipiter pour trouver un repreneur. Nous allons voir tout ça avec l’accompagnement de nos partenaires notamment la Banque mondiale.»
«Pour Transrail, le même constat a été fait que pour Suneor. Sauf que là, c’est entre les gouvernements maliens et sénégalais. Nous travaillons avec l’opérateur (ndlr, Abass Jaber) pour une sortie honorable afin de reprendre le dialogue avec les partenaires financiers qui pourront financer la réhabilitation du chemin de fer avec un schéma de concession qui va permettre de donner une seconde vie aux rails.»

Senegalairlines
«Senegal airlines est un cas différent parce que l’Etat et les privés s’étaient engagés dans le développement d’une compagnie aérienne. Or, ce secteur est extrêmement concurrentiel pour ne pas dire que le marché est féroce. La société a été sous capitalisée. Ce qui a fait que dès la première année d’activité, elle a perdu 11 milliards de F Cfa. Mais cela ne nous a pas découragé à notre arrivée. Il faut maintenant que des mesures fortes soient prises pour sauver cette compagnie avec les privés et nos partenaires. Nous sommes dans des discussions très avancées et certainement une solution devrait être trouvée d’ici fin novembre.»

Aibd
«Vous avez constaté qu’il y’a plusieurs sociétés en difficultés. Aibd, Suneor, Transport, Fraport un peu...Cela montre que lorsque l’Etat s’engage, il doit d’abord se prémunir de garanties pour éviter ces situations que nous constatons. Avec Aibd, ce qui se passe c’est que l’aéroport devrait être livré déjà en 2013 et là nous sommes en fin 2015 même si les travaux ont été faits à 85%. Nous avons eu plusieurs séances de discussions avec Ben Ladin group, les auto- rités saoudiennes, les bailleurs de fonds... Nous avons déjà dépensé 300 milliards et cet aéroport doit être livré. Imaginez que tous les travaux qui doivent accompagner cet aéroport sont déjà terminés. Nous avons demandé à l’opérateur de terminer les travaux, où de dégager. Le gouvernement travaille là dessus et avant fin novembre nous aurons une réponse définitive.» «Mais je dois dire qu’avec certains projets que nous avons hérité, nous avons pu approfondir la collaboration. C’est le cas de Dubai Port Word avec qui nous avons signé un mémorandum pour le Port de Bargny.»

Le Sénégal, parmi les 25 pays les plus pauvres au monde ?
«Ce n’est même pas la peine que je com- mente ça d’autant qu’il y’a eu pas mal de réactions et le Gouvernement a déjà apporté les éclairages nécessaires. Ça n’a même pas de sens quand on voit la position économique du Sénégal, notamment ses revenus, ses moyens d’intervention etc. Même en Afrique, on ne peut pas être vingt-cinquième, à fortiori dans le monde. Avec la lecture des chiffres et des paramètres différents, le résultat est autre. Au même moment où on évoque ce classement, nous avons eu une bonne nouvelle venant de la Banque mondiale avec le classement Doing Business, les félicitations du Président Barack Obama sur l’action diplomatique du Sénégal au Burkina...» 

Projet de loi des finances 2016
«Je confirme le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan : le Sénégal a été installé sur les rails de l’indépendance économique avec ce projet de budget adopté en Conseil des ministres. Pour la première fois, le budget du Sénégal va franchir la barre des 3000 milliards de F Cfa. Pour la première fois aussi, le budget consolidé d’investissement qui va permettre de satisfaire les besoins des populations en matière de routes, d’électricité, d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’éducation etc, est de 1048 milliards de F Cfa. Cela montre que nous sommes sur la voie de notre souveraineté budgétaire d’autant que 58% des ressources sont financés par le budget national. Mon ambition est qu’on puisse totalement se passer de l’aide.»
«Mais il faut savoir que ces résultats ne vont pas de pair avec le gaspillage. C’est pour- quoi, nous avons réduit sensiblement le budget de fonctionnement. Nous allons poursuivre la réduction du train de vie de l’Etat. La compression des agences et certaines directions va se poursuivre et nous faisons tout pour maîtriser les charges de fonctionnement, c’est-à-dire tout ce qui est logement, téléphone, dépenses en eau... Et les gains qui vont découler ce cette série de mesures vont être exportés vers l’investissement et c’est d’ailleurs pour ça que nous sommes capables aujourd’hui d’engager des dépenses pour construire des universités, entre autres projets.»

Recours abusifs devant l’Armp
«Nous avons parfois beaucoup de retards dans l’exécution de certains marchés. C’est vrai que nous avons mis en place un code des marchés contraignant pour garantir une transparence dans les marchés publics. Mais, il ne faut que des concurrents privés utilisent ces mécanismes pour alourdir davantage les procédures de passation de marchés. Nous avons vécu ces recours abusifs dans des marchés financée par la coopération indienne. Aujourd’hui, on saisit l’Armp et quand on n’a pas un avis favorable, on dépose un recours devant la Cour suprême...Il se trouve que les projets pour lesquels des appels d’offres ont été lancés attendent au moins deux ans pour pouvoir démarrer. Ce qui n’est pas acceptable. Nous sommes en train de réfléchir avec tous les acteurs pour éviter l’usage abusif des dispositions du Code des marchés. Ce n’est pas parce qu’on est pas satisfait à la suite d’une adjudication provisoire que l’on doit bloquer un projet. Le Gouvernement travaille avec l’Armp pour voir pour faite sauter ces goulots d’étranglement.»

Enjeux du Pudc
«Après les premières polémiques, tout le monde est d’accord aujourd’hui que le Pudc est un modèle réussi de politique de développement. Je rappelle que le Pudc est le produit de mes tournées économiques que j’ai faites avant mon élection comme Président de la République. Trois années et demi de tournées qui m’ont conduit au cœur du Sénégal des profondeurs. Et le Pudc est la compilation de toutes les doléances que j’avais reçues. L’accès à l’eau, aux pistes rurales, à l’électrification, l’allègement des travaux des femmes à travers l’accès aux machines... Tout a été pris en compte par le Pudc, grâce au soutien du Pnud. C’est un programme de 400 milliards de F Cfa sur lesquels nous avons déjà engagé la première phase qui est de 113 milliards de F Cfa sur deux mois.
Et justement, nous avons confié ce programme au Pnud pour éviter que les recours abusifs viennent nous perturber. Je veux raccourcir les délais, accélérer la cadence pour que ce qu’on devait faire dans dix ans, on puisse l’accomplir par exemple dans quatre ans. Voilà le rythme dans lequel je travaille. La transparence est quasi importante mais il faut qu’on travaille plus rapidement. Il faut pré- ciser que le Pnud n’est que l’entité qui exécute, qui organise les marchés et les entreprises qui postulent sont, pour l’essentiel, sénégalaises. Même l’armée est impliquée dans l’exécution du programme.
A côté du Pudc, nous avons aussi lancé le Promo ville qui, comme son nom l’indique, est destiné à la promotion des villes. Il va intervenir dans l’électrification des villes pour lutter contre l’insécurité surtout, mais aussi dans la construction de voiries.» «Pour taquiner mes parents de Foudiougne, prenez une ville comme Gossas où la commune n’a pas les moyens de faire la voirie. Nous allons donner à chacune des communes concernées les moyens pour réaliser des voiries, faire l’assainissement... Et ce programme évalué à 80 milliards de F Cfa qui sera le pendant urbain du Pudc, va être confié à Ageroute. Aussi, nous allons avoir un développement équilibré.»

«Aller vite et bien» : Macky Sall, un homme pressé ?
«Je suis très loin d’être un homme pressé. Je considère juste que le sous-développement n’est pas une fatalité. Et nous ne pouvons pas rester très longtemps avant d’atteindre un certain niveau de développement. Ce n’est pas une question d’être pressé. Si vous voyez le Pse, l’horizon est 2017. Encore que nous pourrons obtenir les objectifs en 2015 si le rythme actuel est maintenu. Ce n’est pas mon bilan qui est en jeu, il s’agit d’amorcer les pratiques, les bonnes politiques pour que le Sénégal sorte de l’ornière. Nous avons vu ça avec beaucoup de pays, comme la Corée (du Sud), qui ont fait un bon qualificatif. Nous y sommes presque et on le voit déjà dans l’arachide, dans le riz. On est passé au- jourd’hui de 400 à 900.000 tonnes, pour vous dire. Regardez aussi tout ce que nous sommes en train de faire dans l’enseignement supérieur. Donc, il faut se mettre au travail. Le seul combat qui vaille et qui mérite notre énergie, c’est le développement du Sénégal. Nous devons nous battre pour le développement et le bien être des populations.»

Le Sénégal émergent, selon le Président
«A mes yeux, le Sénégal émergent, c’est lorsque, dans une dizaine ou une quinzaine d’années, les enfants qui seront nés en 2030 soient des citoyens d’un pays où chacun pourra réaliser sa «légende personnelle» pour reprendre Paolo Coelho que je lis souvent (Ndlr : un exemplaire de la dernière publication du célèbre auteur était à côté du Président). Un Sénégal émergent, c’est aussi quand le pays aura les moyens nécessaires de satisfaire ses citoyens sans distinction, un pays qui compte dans le concert des Nations par son économie et sa diplomatie. Et par la grâce de Dieu, nous avons des indices très probants surtout avec nos ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz. Vous voyez que je n’ai pas beaucoup abordé ce sujet parce que je préfère toujours avoir de belles surprises plutôt que de communiquer sur des hypothèses. La perspective peut être extrêmement positive si on se concentre sur l’essentiel. Nous devons être optimiste.»
«J’ai dit aux investisseurs indiens «kou yekh niakk», parce que l’Afrique est la prochaine frontière du développement, ça c’est indéniable. Nous avons un marché puissant. C’est maintenant qu’il faut se positionner et non pas attendre que l’Afrique soit une puissance pour venir se bousculer.» 

Libération

vendredi 30 octobre 2015

Parfum de fraude au concours d’entrée à la maison Mariama Bâ – 50 filles recalées
La tension est montée hier, mercredi 28 octobre, au déroulement du Concours d’entrée en sixième à la maison d’éducation Mariama Bâ, au collège John Fitzgerald Kennedy. En effet, elles sont 50 filles à ne pas pouvoir accéder aux salles d’examens pour subir les épreuves. Leurs noms ne figurent pas sur la liste des élèves devant composer. Le directeur des examens et Concours, Amadou Moctar Ndiaye parle de liste d’attente. Pendant ce temps, les parents d’élèves crient à la fraude.
Le concours d’entrée en sixième à la maison d’éducation Mariama Bâ n’a pas encore fini avec les remous. Après les cas de fraude notés il y’a de cela deux ans, obligeant les autorités à prendre des mesures coercitives, admission désormais des élèves sur la base d’un concours ouvert, l’examen d’entrée à la prestigieuse école de Gorée s’est tenu hier, mercredi 28 octobre, sur fond de contestations. Elles sont 50 filles à être recalées au Concours tenu au collège John Fitzgerald Kennedy. Ces filles ont été surprises de ne pas voir leur nom figuré sur la liste des élèves retenues pour le concours.  En effet, selon le directeur des Examens et Concours, ces filles faisaient partie de la liste d’attente. Amadou Moctar Ndiaye a fait savoir que sur les 200 candidates potentiellement présélectionnées, il a été retenu les 150 premières pour subir les épreuves du Concours et les 50 autres restantes sont sur la liste d’attente”.
Qu’à cela ne tienne. Les élèves venues un partout dans le pays, ont répondu toutes présentes. Accompagnant leurs progénitures, les parents d’élèves ont exprimé leur courroux et parlent de magouilles orchestrées par les autorités académiques.
“Nous sommes venus ce matin avec nos enfants dont les noms n’étaient pas sur la liste. Les gens trouvés sur place nous ont dit que finalement ils ont sélectionnés 150 élèves. Les autres sont laissés en rade. On n’a pas été informé des mesures prises“, souligne Moustapha Lô, parent d’élèves. Et de renseigner : “ils nous ont fait subir tout ce calvaire. C’est un préjudice moral. Ce n’est pas crédible. J’ai appelé un huissier pour constater les faits et je vais porter plainte“.

Fatoumata Penda Keita et Fatou Bintou Lô, toutes deux candidates recalées, ont déploré leur élimination à ce concours d’autant, estiment-elles, qu’elles ont mis à profit les grandes vacances pour réviser.
Awa, originaire de Sédhiou, va dans le même sens en déclarant que “c’est désolant pour moi et mon papa qui a beaucoup dépensé pour que je vienne à Dakar. C’est ce matin qu’on nous a informés de notre sort. Je n’ai pas de vacance”.
“Comment comprendre qu’elles font parties des 200 meilleures élèves du Sénégal pour ensuite éliminer 50 sans qu’elles aient l’occasion de faire le concours”, réagit encore Moustapha Lô.
Dans un communiqué, le ministère de l’Education nationale, rappelons-le, avait précisé que “les 150 meilleures filles du Concours d’entrée en sixième qui remplissent toutes les conditions fixées par ledit arrêté, ont été présélectionnées. Et parmi ces candidates, 32 (trente-deux) seront sélectionnées pour intégrer la classe de 6ème de la Maison d’Education Mariama BA (Memba), conformément aux dispositions de l’Arrêté n° 10229 du 23 juin 2014”
“Toutes les régions ont chacune au moins une représentante parmi ces 150 meilleures filles, à l’exception de Kaffrine. Ces candidates viennent de 28 des 59 Inspections de l’Education et de la Formation (IEF) que compte le pays. 125 candidates viennent des écoles élémentaires privées et 25 de celles publiques”, lit-on dans le communiqué.
AMADOU MOCTARNDIAYE, DIRECTEUR DES EXAMENS ET CONCOURS : “Nous avons agi dans la légalité”
“Il y’a une obligation minimum qui pèse pour tout acte administratif. Il existe un arrêté qui organise le Concours d’entrée à Mariama Bâ. Dans une disposition de l’arrêté, le concours s’adresse aux 150 premières issues du concours de l’entrée en sixième. Une autre disposition qui réglemente l’état civil et la nationalité. Nous avons eu, l’année dernière, des situations où des élèves étaient admises mais ne remplissaient pas les conditions de l’arrêté, notamment pour l’état civil et la nationalité. Mais on a organisé une session de rattrapage pour compléter l’effectif. Nous avons voulu éviter le même cas. On a envoyé 200 candidates potentiellement présélectionnées. Nous avons pris les 150 premières et les 50 restantes sont dans la liste d’attente. Au cas où il y’a un contrôle à priori des dossiers sur l’état civil et la nationalité des premières sélectionnées, on pourra les remplacer par des élèves sur la liste d’attente, après étude de dossier. Par conséquent, nous avons arrêté la liste sur la base des performances des élèves. La liste des 150 élèves a été publiée dans la presse et remise à l’ensemble des inspections d’éducation et de la formation. Nous avons agi dans la légalité. Ce concours est très transparent”.
Sud Quotidien

mercredi 28 octobre 2015

L’ANACIM ANNONCE UNE HOULE SUR LA GRANDE CÔTE, À PARTIR DE JEUDI

  • Source: : APS | Le 28 octobre, 2015 à 
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Meteo Senegal

Une "houle dangereuse" de secteur nord pourrait intéresser progressivement la grande côte, entre Saint-Louis et Dakar, à partir de jeudi, annonce l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM).

BHC/BK

Auteur: APS - APS

Le Pr Omar Sankharé repose pour l’éternité au cimetière Madoki de Thiès

Décédé ce lundi à Dakar des suites d’une maladie à l’âge de 65 ans, le Pr Omar Sankharé, critique littéraire de renom, repose désormais au cimetière Madoki de Grand- Thiès, près de son Regretté père. Il a été inhumé ce mardi après la prière de 14 heures. Après la prière mortuaire dirigée par l’Imam de la grande mosquée de Thiénaba, il a été accompagné jusqu’à sa dernière demeure par une grande foule composée d’universitaires, d’hommes du monde des lettres et de la culture, etc. Pour perpétuer son œuvre, un Prix littéraire international est déjà en gestation. Présent à l’inhumation, le Pr Malick Ndiaye a égrené le chapelets des humiliations vécues par le Pr Omar Sakharé.
Selon lui, non seulement l’université lui a refusé sa demande de prolongation à laquelle il avait droit, mais plus triste encore, un exploit d’huissier lui a été servi pour quitter l’appartement qu’elle lui avait donné. Selon le Pr Malick Ndiaye, c’est ce qui a achevé le Pr Omar Sankharé. Mais heureusement dit-il, Dieu l’a rappelé à ses côtés pour corriger cette injustice, en lui donnant le meilleur des appartements

thies24.com
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Le professeur agrégé de grammaire, Oumar Sakharé, est décédé, ce lundi 26 octobre 2015 à son domicile à l'âge de 65 ans.
Né en 1950 dans la région de Thiès, il était un disciple de Léopold Sédar Senghor. D'ailleurs, en 2011, il a reçu le titre honorifique de “Seul Africain Agrégé de Grammaire” vivant après Senghor.
Enseigné à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar depuis plus de 30 ans, il a récemment écrit un livre publié aux éditions L'Harmattan et intitulé "Le Coran et la culture grecque''.
Un livre controversé qui, selon lui, visait à lancer un débat universitaire sur ce thème, qui exclut de fait "ceux qui vivent de la religion" sans remettre en cause la sacralité du message coranique. "Je ne récuse pas le Coran. Ce que je dis, c'est que ce qui se trouve dans le Coran, on le trouve déjà dans d'autres livres. La preuve qu'on connaissait déjà cela dans le Coran, on accuse le Prophète (Mouhammed, PSL) de ne réciter que des textes anciens", avait-il déclaré, dans une interview, lorsque la polémique enflait.

Auteur: seneweb News - Seneweb.com


LE PR OMAR SANKHARE REJOINT SENGHOR

Il était le deuxième africain agrégé de grammaire après le Président poète, Léopold Sédar Senghor. Une agrégation décrochée en juillet 2011, après celle obtenue en Lettres classiques en 1983.
Le Pr Sankharé était sur ce vaste chantier de baisse de niveau dans l’éducation, malheureusement, l’œuvre est restée inachevée, en dépit des efforts consentis.  Ce brillant intellectuel qui a toujours rêvé de marcher sur les pas de Senghor, était aussi un membre du parti socialiste. Avec sa disparition, c’est le monde universitaire qui perd  un illustre intellectuel. Il sera enterré ce mardi à Thiès.

Le groupe sud communication présente à sa famille et à la communauté universitaire, ses sincères condoléances

 Bacary Domingo MANE 

Le Professeur décède la veille de son expulsion de son logement : L’autre drame de Sankharé

 
La douleur et même des sanglots étouffés ont rempli le cœur des écrivains du Sénégal qui se sont donné rendez-vous hier à leur siège. C’était leur point de départ pour se rendre à Thiès, la ville natale du défunt Pr Oumar Sankharé qui y a été inhumé vers 14 heures. Dans leurs rangs, l’émotion était grande, la tristesse aussi. Ils avaient tous les yeux remplis de sanglots pour avoir perdu un «grand homme», «un noble», «un compagnon». Malgré les pleurs étouffés, la douleur était perceptible, palpable même à la Maison des écrivains Keur Birago Diop. Tous ont pleuré «le double agrégé de Lettres, l’intellectuel, l’homme d’une humilité incommensurable et très sensible», dénonçant par la même occasion l’acharnement dont il a été l’objet.
Il est 9 heures à Keur Birago Diop, la Maison des écrivains du Sénégal. Un calme de deuil règne en ce lieu où les écrivains se sont donné rendez-vous pour un voyage douloureux. Tous se rendent à Thiès pour un ultime hommage à leur ami, frère et camarade le Pr Oumar Sankharé, arraché à leur affection avant-hier à Dakar. A cette heure matinale, hormis le vigile, seul le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye, était présent sur les lieux. Il s’entretenait avec un agent du Théâtre national Daniel Sorano. Mais petit à petit et au fil des heures, les écrivains grossissent les rangs. Chaque arrivée est un moment d’émotion.
L’on pleure celui qui est «parti sur la pointe des pieds». «Le professeur est parti. Ah Sankharé est parti», pleure Yama Yamis Ndiaye, visiblement choquée par ce décès.
Elle était très attristée. L’émotion était devenue vive et incontrôlable avec l’arrivée d’autres collègues écrivains. La tristesse se lisait sur le visage de ces compagnons du disparu. Après de chaudes poignées de mains, des accolades, on s’installe en trouvant place vers la bibliothèque ou dans le salon. Dans les discussions, on se raconte la dernière fois qu’on a vu ou parlé avec Oumar Sankharé, les dernières paroles échangées avec lui. Dans ces échanges,  beaucoup se culpabilisent ou dénoncent à faible voix l’acharnement dont leur collègue a été victime. «On sentait qu’il était vraiment malade ces derniers temps. Il était affecté par le tollé qu’a causé la publication de son livre Le Coran et la culture grecque. Il ne s’était jamais remis de cela», commente-t-on. Si pour certains, ce décès prématuré du professeur est dû à ce tollé autour de son dernier ouvrage, d’autres affirment que Oumar Sankharé souffrait beaucoup plus de la précarité dans laquelle il se trouvait, que de sa maladie. «Il était accablé par les autorités. L’université qu’il a servie pendant 35 ans ne lui a pas rendu l’ascenseur. Le traitement qu’il a reçu de la part des autorités universitaires et de certaines autorités, à un pas de sa retraite, lui a beaucoup fait du mal. Cela a beaucoup fragilisé son état de santé», commentent ses collègues écrivains. Ils renseignent surtout qu’«il a été accablé par des gens de ce pays, de cette université à qui il a pourtant tout donné».
La mauvaise passe «Le Pr Oumar Sankharé a été le seul Sénégalais après Senghor à avoir une agrégation en grammaire. Mieux, il a eu un record jamais égalé, dépassant son maître Léopold Sédar Senghor. Il a eu une double agrégation : en Grammaire et en Lettes classiques », a témoigné le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres écrivains présents, «le pays ne lui a pas renvoyé l’ascenseur ». «On l’a sommé de quitter la maison qu’il occupait alors qu’il n’est pas encore parti à la retraite. Ce qui l’a beaucoup affecté. Ce n’est pas normal, car on a vu des gens occuper ces maisons six mois après leur départ à la retraite», commentent ces proches qui estiment que si le défunt était choqué par ce départ inattendu de sa maison de fonction, ce n’était pas parce qu’il n’avait pas de bien immobilier. «Le défunt avait sa propre maison à Golf, mais celle ci serait occupée par des membres de sa famille qui ne pouvaient, eux aussi, quitter dare-dare», renseigne-t-on.
Passage éclair de Mbagnick Ndiaye Pendant que l’on devise encore sur les raisons de cette mort brutale du Pr Sankharé, un invité et pas des moindres débarque. Le ministre de la Culture et de communication himself est arrivé à Keur Birago Diop pour présenter les condoléances au nom du président de la République, du gouvernement et en son nom propre. Mbagnick Ndiaye qui ne pouvait se rendre à Thiès à cause, dit-il, de ses charges a tout de même tenu à rencontrer la délégation des écrivains en partance pour la capitale du rail. Il a soutenu que la mort du Pr Sankharé est «une grande perte pour toute la Nation sénégalaise, le monde littéraire, l’université, les enseignants et les artistes». «Il y a une quinzaine de jours, il m’encourageait, me félicitait et m’a dit qu’il me suivait…
Transmettez nos condoléances à sa famille et que la terre lui soit légère », a affirmé le ministre de la Culture et de la communication. Ce dernier a dépêché certains de ses collaborateurs pour le représenter à la cérémonie d’inhumation.

Le Quotidien


Concours Maison d'éducation Mariama Ba : 32 (trente-deux) candidates seront sélectionnées 

Le Concours d’Entrée en sixième à la Maison d’Education Mariama BA de Gorée, session de 2015, aura lieu ce mercredi 28 octobre 2015 au Collège John Fitzgerald KENNEDY de Dakar, informe un communiqué du ministre de l’éducation nationale.
« Conformément aux dispositions de l’Arrêté n° 10229 du 23 juin 2014, les 150 meilleures filles du Concours d’entrée en sixième,  qui remplissent toutes les conditions fixées par ledit arrêté, ont été présélectionnées. Et parmi ces candidates, 32 (trente-deux) seront sélectionnées pour intégrer la classe de 6ème de la Maison d’Education Mariama BA (MEMBA) » indique le communiqué.
Toutes les régions ont chacune au moins une représentante parmi ces 150 meilleures filles, à l’exception de Kaffrine. Ces candidates viennent de 28 des 59 Inspections de l’Education et de la Formation (IEF) que compte le pays.
Les IEF ayant présenté le plus de candidates sont celles des Parcelles Assainies avec 20 candidates; Ziguinchor avec 18 candidates et enfin Grand-Dakar avec 17 candidates.
125 candidates viennent des écoles élémentaires privées et 25 de celles publiques.
Les écoles élémentaires qui ont présenté le plus de candidates sont le Village SOS Hermann Mayer de Ziguinchor (privé) avec 12 candidates ; l’Immaculée Conception de Kaolack (privé) 06 candidates et le Cardinal Hyacinthe THIANDOUM des Parcelles Assainies (privé) avec 05 candidates.

 dakaractu

mercredi 21 octobre 2015

Élargissement de la carte universitaire – SAES et SUDES apprécient

Le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) et le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal(Sudes), section Enseignement supérieur et de la Recherche (Sudes/Esr) ont apprécié la visite de chantiers de leur ministre de tutelle dans le cadre de l’élargissement de la carte universitaire. Tout en saluant l’initiative, les syndicats ont soulevé d’autres questions fondamentales, notamment le recrutement des enseignants et l‘augmentation exponentielle des nouveaux bacheliers pour une éducation supérieure de qualité.
A travers ses projets d’élargissement de la carte universitaire et la diversification de l’offre de formation, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Mesr) entend relever une palette d’écueils qui a fini par plonger l’éducation supérieure dans une situation quasi-inextricable. Une politique de constructions logée dans le camp des bonnes initiatives de tous les acteurs à l’occasion de la tournée nationale effectuée par Mary TeuwNiane qui cache certaines disparités qui continuent d’être une épine dans le développement de ce sous-secteur de l’éducation.
Quoique les nouvelles universités à Thiès, Bambey, Ziguinchor et Saint Louis soient en cours de réalisation pour répondre à la forte demande, il n’en demeure pas moins pour le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) que les autres questions restent des priorités. Il s’agit du déficit des enseignants qui impacte l’encadrement des étudiants en instance de soutenance et l’augmentation exponentielle des nouveaux bacheliers persistent et constituent un casse-tête chinois pour les services du département de l’Enseignement supérieur. Sans oublier un Personnel administratif, technique et de service (Pats) au bout du souffle. Pour le chargé des revendications du Saes, la construction des nouvelles infrastructures d’accueil au niveau du Supérieur accuse un retard pour prendre en charge le surpeuplement de la communauté universitaire.
“Les infrastructures actuelles dépassent largement le nombre d’étudiants existants parce que devant être construites depuis 10 ans. Les universités sont déficitaires en infrastructures. Le déficit est toujours là“, a souligné Moustapha Sall. Avant de poursuivre : “nous avions fait une proposition de construction d’amphithéâtres et de salles de classes étalée sur 5 ans. Chaque année, on envoie des vagues de nouveaux bacheliers qui ne sont pas corrélés à la hausse des infrastructures universitaires“.
En plus de l’augmentation du nombre de bacheliers, Moustapaha Sall laisse constater la “décroissance du nombre d’enseignants qui partent à la retraite. Ce qui pose encore problème pour l’encadrement“. Le Saes, indique M. Sall, croit dur comme fer que “la priorité est le recrutement de 200 enseignants par an sur une période de 5 ans pour résorber le gap qui existe au niveau des encadrements. A l’Ucad, les gens enseignent du dimanche au dimanche jusqu’à 22 heures”.
Le SUDES/ESR propose un plan “Marshall“
Se réjouissant de l’initiative du ministre sur l’organisation de la tournée, le responsable du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section Enseignement supérieur et de la Recherche (Sudes/Esr) propose à l’Etat un plan “Marshall“ pour combler le déficit d’enseignants dans les universités publiques. Ce Plan, selon le professeur Cheikhou Sylla, permettra d’avoir des “Hommes pour animer ces infrastructures. Nous avons que 2000 enseignants toutes professions confondues. Nous demandons de faire un effort de recrutement de 500 enseignants par an pour combler le personnel vieillissant“.
“Nous aimerions aussi voir le ministre faire un tour sur les chantiers des nouvelles universités, notamment Amadou MakhtarMbow et El Hadj Ibrahima Niasse de Kaolack”, a-t-il poursuivi.
Sud Quotidien


mardi 20 octobre 2015

Conseil des Ministres du 19 octobre 2015

Le Conseil des Ministres s’est réuni le lundi 19 octobre 2015 au Palais de la République, sous la présidence du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky SALL.

A l’entame de sa communication, le Président de la République se réjouit de l’élection du Sénégal comme membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, par un score éloquent de 187 voix sur 191. A cette occasion, il adresse ses remerciements aux pays amis qui ont soutenu le Sénégal et ses chaleureuses félicitations au Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, ainsi qu’à tous ses collaborateurs pour l’excellent travail de promotion de notre candidature.
A partir du 1er janvier 2016, le Sénégal participera pour 2 ans, au mécanisme décisionnel des Nations Unies qui veille sur le système de sécurité mondiale. Le Chef de l’Etat note, qu’au-delà du prestige, ce mandat est pour notre pays une mission de responsabilité, conformément à ses engagements en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Il demande ainsi au Gouvernement de veiller davantage à la mise en œuvre cohérente des principes fondamentaux de la diplomatie sénégalaise, à savoir : la paix, la sécurité collective, le bon voisinage, la démocratie, la défense des droits de l’homme, le développement international solidaire et le partenariat entre les peuples, dans le respect des diversités et valeurs universelles.
Sous ce rapport, le Président de la République indique au Gouvernement l’attachement du Sénégal à la prise en charge des dossiers de l’Afrique au Conseil de Sécurité, dans un esprit d’ouverture et de dialogue avec les autres membres de cette haute instance.
Au regard des attentes légitimes de la communauté internationale vis-à-vis de notre pays, le Chef de l’Etat souligne l’impératif de renforcer et de moderniser notre appareil diplomatique et fixe au Gouvernement les orientations suivantes :
  • la poursuite de la rationalisation et de la mise en cohérence du réseau diplomatique et consulaire, ainsi que la consolidation de la diplomatie économique ;
  • la gestion des ressources humaines, le renforcement des moyens et équipements techniques, notamment par la professionnalisation continue des ressources humaines et l’entretien adéquat du patrimoine immobilier de l’Etat à l’étranger ;
  • et l’amélioration des outils de gestion du Ministère des Affaires Etrangères avec la généralisation interne des contrats d’objectifs et de moyens ;
  • Enfin, le Chef de l’Etat invite le Gouvernement à assurer une bonne organisation de la prochaine conférence des ambassadeurs, prévue en décembre 2015, à Dakar.
Le Président de la République a clos sa communication en évoquant son agenda, le suivi de la coopération internationale et des partenariats. Dans ce cadre, il présidera le mercredi 21 octobre 2015, la Conférence de Haut niveau sur l’Agriculture en Afrique, sous l’égide de la Banque Africaine de Développement (BAD), et le jeudi 22 octobre 2015, le lancement de la Plateforme mondiale de Partenariat avec l’Afrique, sous l’égide du NEPAD.
Dans sa communication, Le Premier Ministre, a adressé au nom du Gouvernement, ses chaleureuses et vives félicitations à Monsieur le Président de la République pour l’élection du Sénégal comme membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il souligne que le plébiscite du Sénégal lors du vote, est un témoignage fort éloquent du leadership du Chef de l’Etat et du prestige dont jouit notre pays sur la scène internationale.
Le Premier Ministre a, par la suite, rendu compte des activités qu’il a menées dans le cadre de la coordination de l’activité gouvernementale, et de sa participation le 17 octobre 2015 au forum Rebranding Africa, à Bruxelles, sur le thème « Investir en Afrique, Entreprendre pour l’Afrique ». Il a renouvelé ses félicitations à Monsieur le Président de la République, son Excellence Macky SALL qui s’est vu décerner le Rebranding Africa AWARD, pour ses efforts inlassables en faveur de l’émergence du Sénégal et de l’Afrique. Le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a fait le point sur les dossiers de l’actualité politique africaine et internationale, en revenant sur l’élection du Sénégal comme membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU.
Le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a fait le point sur la conjoncture économique nationale et internationale. Il a également rendu compte des Assemblées générales de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International à Lima au Pérou.
Le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a rendu compte du suivi de la campagne agricole et du déroulement de celle relative à la commercialisation.
Le Ministre auprès du Président de la République en charge du Suivi du Plan Sénégal Emergent a fait le point sur l’état d’avancement des projets du PSE. Le Ministre du Tourisme et des Transports aériens a fait le point sur le déroulement du volet transport des pèlerins à la Mecque, édition 2015.
Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris les décisions suivantes :
  • Monsieur Matar DIOP, Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle, matricule de solde 512.678/A, précédemment Directeur de la Surveillance du Territoire, est nommé Coordonnateur national du Comité interministériel de Lutte contre la Drogue, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Pape Mafall NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Ousmane GUEYE, Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle, matricule de solde 507.649/A, précédemment Directeur du Groupement Mobile d’Intervention, est nommé Directeur de l’Ecole nationale de Police et de la Formation permanente, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Demba SARR, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Amadou Hamady LAM, Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle, matricule de solde 507.650/I, précédemment Adjoint au Directeur du Groupement Mobile d’Intervention, est nommé Directeur du Groupement Mobile d’Intervention, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Ousmane GUEYE, appelé à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Pierre MENDY, Commissaire de Police divisionnaire, matricule de solde 519.319/B, précédemment Chef du Service régional des Renseignements généraux de Dakar, est nommé Directeur de la Surveillance du Territoire, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Matar DIOP, appelé à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Mame Seydou NDOUR, Commissaire de Police divisionnaire, matricule de solde 517.280/Q, précédemment Directeur de l’Office central de Répression du Trafic illicite des Stupéfiants, est nommé Directeur de la Police des Etrangers et des Titres de Voyage, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Moustapha Elimane SALL, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Abdoulaye DIOP, Commissaire de Police divisionnaire, matricule de solde 501.964/A, précédemment Chef du Service régional de Sécurité publique et Commissaire central de Dakar, est nommé Directeur de la Sécurité publique en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire de Classe exceptionnelle Oumar MAL, appelé à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Idrissa CISSE, Commissaire de Police principal, matricule de solde 519.322/J, précédemment Chef du Service régional de Sécurité publique et Commissaire central de Thiès, est nommé Directeur de l’Office central de Répression du Trafic illicite des Stupéfiants, en remplacement du Commissaire de Police divisionnaire Mame Seydou NDOUR, appelé à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Edmond KAMARA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 555/C, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère du Tourisme et des Transports aériens.